Rencontre avec Julie Assémat, Chef de Projets Cliniques au LYSARC

Rencontre avec Julie Assémat, Chef de Projets Cliniques au LYSARC

Chef de projets cliniques, un métier au carrefour de toutes les spécialités de la recherche clinique

Julie est au LYSARC depuis 2013 et dans la recherche clinique depuis plus de 10 ans

Rencontre avec Julie Assémat, Chef de Projets Cliniques au LYSARC

Julie, peux-tu nous présenter rapidement ton parcours ?

Oui bien sûr ! Après l’obtention de mon concours de pharmacie en 2004 à Lyon, j’ai effectué la plupart de mes stages de 5ème année hospitalo-universitaire dans la recherche clinique, domaine qui m’a toujours tenu à cœur.

J’ai notamment réalisé un stage au Centre Hospitalier Lyon Sud en 2008, dans l’Unité de Reconstitution des Chimiothérapies et Cytotoxiques (URCC), où j’ai pu découvrir les essais cliniques, de la fabrication des traitements de chimiothérapie expérimentaux jusqu’à leur dispensation.

J’ai fait en parallèle un Master II, et ai ainsi obtenu un diplôme européen sur le développement clinique des produits de santé, où j’ai notamment eu l’opportunité de rédiger un abstract sur les différentes voies d’administrations dans les essais cliniques pédiatriques.

Après deux stages au Vietnam et à Washington DC, qui m’ont permis d’avoir des bases plus solides en anglais, j’ai effectué mon stage de fin d’études chez Sanofi Pasteur en 2009, où je coordonnais et suivais des essais cliniques internationaux.

A l’issue de ce stage, en 2010, me voici arrivée dans le monde du travail où j’ai commencé en tant que pharmacien-chef de projets dans l’unité de Phase I OPTIMED Lyon, CRO hospitalière de 32 lits, au sein du Centre Hospitalier Lyon Sud, pendant plus de 3 ans. J’ai également soutenu ma thèse de doctorat en pharmacie en parallèle, quelque mois après mon arrivée.

La structure étant petite, j’avais un poste très polyvalent et un métier à deux casquettes, puisque j’étais pharmacien le jour…et chef de projet la nuit !

Le rythme était très soutenu mais cela a été vraiment formateur; j’ai beaucoup apprécié cette expérience professionnelle, tout d’abord grâce à sa diversité en termes d’études (first in human, phases II et III sur volontaires sains ou patients), en termes d’aires thérapeutiques (oncologie, neurologie, cardiologie, infectiologie, nutrition, etc.) et enfin en termes d’activités avec la gestion des Unités Thérapeutiques (préparation, dispensation, administration, etc.) et avec la gestion de projets.

Puis en 2013, j’ai décidé de me spécifier dans un seul domaine, et donc d’aller « toquer » à la porte d’à côté, à 50 mètres, celle du LYSARC ! J’ai pu commencer en tant que coordinatrice sur l’étude de Phase III Ro-CHOP Study, puis je suis devenue chef de projets cliniques 2 ans après. J’ai ensuite rejoint la plateforme des phases précoces en 2016, au sein de laquelle je travaille toujours.

  • Quel est le quotidien et le rôle d’un Chef de Projets Cliniques au LYSARC ?

Dans un premier temps, il faut absolument toujours commencer par un voire deux cafés !

Tout dépend de l’étape dans laquelle se trouve l’essai dont on a la charge. Les missions qui nous incombent peuvent donc varier. Les journées sont soutenues, notamment en phase de lancement ou bien lors d’une analyse. Il faut être flexible et réactif, et savoir gérer les priorités. Comme le disait Olivier Ramon, la vie au LYSARC n’est pas un long fleuve tranquille, et nous ne sommes jamais à l’abri d’un rebondissement ou d’une ou plusieurs urgences à gérer dans une journée.

De façon globale, nous sommes impliqués dans la rédaction et/ou relecture de tous les documents, du protocole au rapport clinique de fin d’étude, dans la préparation des soumissions réglementaires, ainsi que dans la validation scientifique des données. Notre rôle est aussi de former, coordonner et piloter l’équipe projet dédiée, être en lien avec les partenaires et différents prestataires, planifier et suivre les ressources et les coûts, élaborer et respecter les budgets et plannings définis.

Il est également important de maintenir un contact régulier avec les intervenants externes et internes, de favoriser une bonne communication et savoir faire remonter les informations importantes du projet de façon régulière. Cela est essentiel pour assurer le bon déroulement de l’étude, et de façon transversale aussi.

Au LYSARC, nous collaborons avec des médecins investigateurs coordinateurs du LYSA qui nous aident tout au long de l’étude. Il faut savoir créer un bon relationnel avec eux. C’est un lien privilégié et unique comparé aux autres structures opérationnelles existant dans le cadre de la recherche clinique.

Le chef de projets a donc un rôle central à jouer dans la mise en œuvre de l’essai, c’est le point de contact de toutes les personnes impliquées dans l’étude, et le chef d’orchestre !

  • Faut-il une formation spécifique pour travailler sur les lymphomes ?

Oui, une formation en oncohématologie et plus spécifiquement sur les lymphomes me semble essentielle. Le LYSARC en organise une au minimum une fois par an, de façon à ce que les salariés nouvellement arrivés au LYSARC aient une base de connaissances dans ce domaine. Néanmoins, cette aire thérapeutique est très vaste et complexe, avec l’existence de nombreux lymphomes, donc une expérience terrain est primordiale pour approfondir ses connaissances.

  • Une anecdote à partager ?

Lors de mon premier stage de 5ème année hospitalo-universitaire que j’ai effectué dans le service pharmacie de l’hôpital Edouard Herriot à Lyon, j’ai demandé à ma responsable, du haut de mes 22 ans, si quelqu’un pouvait m’expliquer la recherche clinique. Elle m’a alors envoyée dans une pièce exigüe où se trouvait une petite blonde qui croulait sous des centaines de dossiers d’archives…j’ai eu le plaisir de découvrir le monde des essais cliniques grâce à elle ; nos chemins se sont croisés à de nombreuses reprises, toujours dans ce domaine…et cette personne n’est autre qu’Elise Gaire, ma collègue chef de projets au LYSARC, et amie maintenant…le monde est petit !

  • Des conseils pour celles et ceux qui souhaiteraient rejoindre la recherche clinique ?

Si vous avez une formation scientifique, si vous êtes rigoureux, autonome, adaptable et réactif, si vous avez le sens de la communication, savez planifier, coordonner et piloter, si vous parlez un minimum anglais et appréciez le travail en équipe, le métier de chef de projets est fait pour vous !

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